Skip to main content

Full text of "Seconde Conference Socialiste Internationale de Zimmerwald : tenue a  Kienthal (Suisse) du 24 au 30 Avril 1916."

See other formats


Conference Sociali! 
Internationale 

de Zimmerwald 



te 

ci 



m 



Tenue a K1BNTHAL (Suisse) 
:: du 24 au 30 Avril 1916 :: 



X-vt a 



De Zimmerwald a Kienthal 









Comment est nee Faction de Zimmerwald ? 

Qu'a-t-elle produit ? rrtnf - 

Ces questions, an moment on la seconde Conle- 
rence vient de flnir ne sont pas superfiues. En 
septembre dernier la premiere Conference avail 
deja ete Vobjet de jugements trfcj divers e cer- 
tains ont attribue a ses orgamsateurs les inten- 
tions les pins basses. Lorsqu'on s'apercut dans 
4rtains cercles de llnternationale d'hier que^ la 
oolitique dii silence et la politique du t^nsnat 
■ignaient pas le but desire, ces vaillants Pindare 
, arent recours aux suppositions outrageantesr La 
conference fut tantot une manoeuvre allenianae, 
tantot un instrument cree pour satisfaire les am- 
bitions personnels des organisateurs Les uns y 
v rent une tentative pour detrdner le Bureau so- 
cianste international de La Haye, les autres . par- 
lerent d'nne bande d'averituriers ris quo-tout qui 
voulaient, a la f avenr de I'heure, s'attnbuer la mis- 
sion de conduire l'Internationale ou bien qui, 
sciemment, preparaiertt une scission dans le pro- 

6 Nous'arreter aux attaqUes personnelles ce serait 
vraiment f aire trop d'honneur a ceux qui les ont 



formulas. On pd dilute pas avec . des gens qui, 
au .moment tragique de la catastrophe, alors que 
la raison reclame imperieusement, que sans per- 
dre une heure, toutes hs forces du proletariat se 
rassemblent, ntont d'autres arguments, que des m- 
ufes contre crux qui essayent de rassembler ces 
forces, Quant aux pretendus pro jets de scission et 
de coup d'Klal, ce sont suppositions aussi ridi- 
cules Tune que ('autre, Le 4 aout 1914, quand les 
partis sociaUstes devinrent les apotres enfiam 
mes de la politique de guerre, te%%w<f f P*°- 
duisit et elle fii« des lore un fait d'hisloire , un 
bureau international qui par son inertie approuve 
leT frercs qui s'assassinent et les encourage, nc 
merite pas d'etre renverse : on Tabandonne a son 

destin. , „'. . 

Reste'l'affirmattion que les Conferences de Zim- 
merwald ont vnuhi redonper une vie artificielle 
a rinternationale; au moyen de quelques resolu- 
tions' baclees par des eongressistes de hasard. bi 
Vme en etait venue rkn n'aurait ete plus msense 
ni aussi plus facile a realiser. Mais il ne s agit 
aucunement d'une semblable tentative La Confe- 
rence de Zimmcrwakl ne pouvait naitre que de 
la pensee' socialiste. Cette pensee commune de- 
vait se developper lentemient mais necessaire- 
ment en meme temps, que le jugement des masses 
ouvrieres sur la guerre, et elle devait alors s ex- 
primer par des actes. Une fois nee, cette pensee 



tendait, consciemment ou non, vers Taction In- 
ternationale. II fallait que le proletariat de chaque 
pays oomprit que Taction revolutionnaire contre 
le.'gouvernement de son propre! pays ne servait 
pas la politique belliqueuse du gouvernement des 
pays ennemis ; mais pour arriver a cette convic- 
tion il n'est d'autre moyen que la discussion et 
Tentente mutuelles. 

Chaque jour de guerre travaille a cette reprise 
de conscience du socialisms Cette reprise va 
obscurement ; elle ne saisit pas Tensemble des 
travailleurs socialistes comme un brusque coup de 
lumiere. Elle s'accomplit lentement, et la cons- 
cience retrouvee apercoit devant elle un monde 
nouveau, L'Europe d'hier a ete brisee, boulever- 
see, on ne peu't plus s'y orienter comme aupara- 
vant. Pour se retrouver a travers le chaos de la 
guerre, il ne suffit pas de c.omprendre que la 
guerre est un mal et un mensonge monstrueux 
paye avec la vie des travailleurs. II doit apparai- 
tre corame" une certitude que la guerre mondiale 
a modifie le devoir et les conditions de lutte 1 du 
proletariat ; il faut comprendre que, pour la 
premiere fois, ce devoir se revele clairement a 
tous ceux qui veulent voir, devoir qui oppose, a 
jamais irreconeiliables, le nationalisme et Tinter- 
nationalisme. ' 

Avant cette transformation, une conference in- 
ternationale, au sens socialiste du mot, etait im- 






_ 6 — 

possible. Cent etc on Men une hypocrisie, faite 
d'affirmations puerilcs, qui cut donne a la classe 
ouvriere I'illusion d'une force' qu'elle ne possede 
pas, on bien la reunion se fut contentee d'etre, an- 
eune action efficace n'en aurait resulte. 

Certains discnt qu'il faudrait attendre que la lu- 
niiere sesoit faite dans tons les pays et dans tou- 
tes les consciences ouvrieres. Autant dire qu'avant 
d'organiser les travailleurs a Tinterieur de chaque 
pays, il fant attendre que tous soient bien per- 
suades de la neeessite de l'organisation. Precise- 
ment parce qu'elle est un grand phenomene his- 
torique, Tlntermdionale ne peut surgir toute creee 
et toute arniee eonime Minerve de la tete de Jupi- 
ter, die doit resuller d'un long developpement et 
s'etre creee clte-nieiiie. 

Geei precise les possibility de Faction intcr- 
nationale et trace ses limfrtes. Toute tentative pour 
agir sans vouloir adutettre. ces limites aurait ine- 
vitablement echoue. Exces contraire' au fatalisme 
qui ordonne d'attendre que Involution soit ache- 
vee Tdans chaque pays, meconnaissant ainsi que 
Taction commune s'offre a nous deja possible. 

Le devoir qui s'imposait a la premiere Confe- 
rence de Zimmerwald est venu de la. II s'agissait 
tout d'abord de decouvrir le terrain cominun sur 
lequel on put se reunir. La decomposition hon- 
teuse de I'Internationalc est nee du reniement de 
la lutte de classe, en theorie et en pratique — re- 



.._ 7 



niemient qui a fait descendre les partis socialistes 
jusqu'au social-patriotisme. La reaffirmation de la 
lutte de classe constituait done le seul lien capa- 
ble de renouer Taction internationale. 

Mais une formule, un mot, ne pouvait suffire 
contre la guerre. A quelle occasion et sous quelle 
forme rouvrir la lutte de classe ? Fallait-il cher- 
cher Taccord sur des questions contestees, comme 
T Alsace-Lorraine, le. partage 1 de la Pologne, ou le 
probleme des nationalites dans les Balkans ? Le 
manif este de Zimmerwald n'est entre dans aucune 
de ces questions particulieres. II s'est borne a 
quelques affirmations generales, affirmations de 
principe : rupture de Tunion sacree, lutte contre 
la guerre, action pour une paix immediate et sans 
annexions, revindications pour tous les peuples, 
du droit a disposer libremient d'eux-memes. 

L'essentiel de ces affirmations etait la declara- 
tion de guerre a la guerre. Celle-ci supposait Tac- 
cord de tousi les pays sur les interets et les devoirs 
du proletariat, la renonciation a, la legende de 
la guerre defensive et le refus de tenir aucun 
compte de la situation imilitaire du moment. La 
rencontre sur ce terrain des membres de la pre- 
miere Conference marque un incontestable pro- 
gres. En aout 1914, et plus tard encore, Tidee des 
« garanties necessaires » hantait Tesprit de beau- 
coup qui se trouvent aujourd'hui dans T opposi- 
tion, et qui f aisaient dependre leur participation 



— 8 — 

a une lutte contre la guerre de la realisation de 
ce but. Kn France, les armees allemandes cam- 
paicnt, chacun s'epouvantait devant l'invasion, 
et il cut f allu toute l'audace courageuse de la f oi 
sbcialiste pour reclamer, dans une telle situation, 
la cessation immiediate du combat. Mais une an- 
nexe de guerre s'etait alors accomplie, aucun doute 
ne subsist ait plus sur le earactere de la guerre 
e't sur son but, et il etait redevenu facile de pren- 
dre une decision. Des lors il apparait qu'on pou~ 
vait laisser en tou'te assurance aux soi-disant 
grands politigue's et grands realistes le soin de 
couper les eheveux en quatre et de fabriquer de 
belles recettes pour resoudre le mieux du monde 
toutes les petites questions d.e detail que la guerre 
fait surgir. Us ne eompvennent pas encore lr ri- 
dicule de leurs airs importants ! Ceux qui n'ont 
pas la force d'empecher la guerre et qui marcfrent 
de leur plein gre et la main dans la main avee les v 
gouvernants n'ont pas n on [plus la force de con- 
querir la paix ; et ceux qui ne peuvent rien pour 
amener la paix, ne peuvent non plus determiner 
en rien son contenii. Gonstruire un beau projet 
de paix, c'cst bon pour des gens aussi naifs et aussi 
ihoffensifs que les petits enfants qui revent d'un 
cbateau dans les nuages ; une conference des re- 
presentants du proletariat qui se serait amusec a 
de telles puerilites, n' aurait pas seulement ete 
ridicule, elle aurait trompe le proletariat en lui 




_ 9 — 

donnant l'illusioh d'une force inexistante. Illusion 
et incoherence qui auraient detourne des vrais 
devoirs : on eut ete heureux de retomber a cet 
etat de menstonge a soi-meme qui a marque la fin 
de' la second e Internationale. Ca n'a ete ni par 
incompetence, ni par impuissance de pensee que 
la Conference de septembre s'est abstenue de se 
prononcer sur le regleraent des problemes natio- 
naux, s'est refusee a mettre en formules les reven- 
dications naionales particulieres, et a proposer 
des plans pour la paix, laborieusement eonstruits 
G'est parce qu'elle avait pleine conscience des 
conditions de la lutte proletarienne, et du rapport 
veritable des forces. Ce qui, aux yeux des savants 
critiques qui portent dans leur poche tous les 
problemes du monde Men et dument solutionnes, 
est une faiblesse, fait justement la force de la 
Conference. C'est cela qui la distingue des para- 
des donnees par les social-patriotes, grands ba- 
tisseurs de nuees, a Londres, a Vienne, a Gopenlia- 
gue. 

On ne pent pas dire que la Conference aurait 
pu 'resoudre toutes les questions qui deja a ce 
moment, se posaient. Ce ne pouvait pas etre son 
role. Elle devait demasquer la guerre et en faire 
apparaitre les vrais mobiles, poser quelques prin- 
cipes generaux, mais elle devait surtout faire 
entendre un appel a Taction. II fallait montrer 
au proletariat, contrairement aux affirmations de 



— 10 — 

es chefs ofneielvqu'une action socialiste devait 
etre menec pendant la guerre, Men que les condi- 
tions en f assent plus difflciles. L'appel fut lance 
et a ce moment le fait meme de lancer un appel 
importait plus que le contenu de cet appel 

La facon dont furent accueillies les resolutions 

Pt.it r me 7 ald ni ° ntre conit >ien cette opinion 
etait viaie. Frappees par les foudres de la censure 
gouvernementale, proscrites et mises au ban par 

d e L SO f T tri ° teS ' dIeS 0nt ce Pendant provoque 
f" US Ies W s le reveil du proletariat, elles 
ont force sa pensee a se ressaissir, et elles Tont 
onente vers ime voie nouvelle. Elles ont porte 
XtuZT-7 \ k T r6j0uir de ^^ntiment de 
et d'Li eS 'S 6 fraCti0nS de P^tis socialistes 

nav. .t a " 10n S ° lldaire du tta ™ n dan * chaque 
PI qu f y avai * la une premise tentative 
d entente Internationale et de comprehension mu- 

S« t * n SaV . ait P 0nr ^ noi la Conference s'etaii 
reumc et avail agi. 

m^n! 0e f UVait eu rester la - Elle avait etabli 

?rumt n f7 a - ™ e fM1Cti0n et Pris en mai * ses &* 
liumente, il s'agissait mainteilant de construire 

Les circonstanees, a Tinierieur comme au dehors* 

MmpMee depuis la premiere Conference, s'est 

X£X C ? r ° bI ' m CS noUveaux ' La lutte me- 
n£e par les partis nationalises comme par le Bu- 



— .11 — 



reau- socialisle international de La Haye centre 
Faction de Ziinnierwald, Taction tentee faible- 
iment vers la paix exigeaient une reponse et une 
mise au point. D'ailleurs, a Ziinmerwald, les f aits 
avaienf en un sens devaiice la claire conscience 
du but. Pirecisement parce qu'il s'agissait, avant 
tout, de donner une preuve concrete que Taction 
iiiterna-tionale etait possible, les points de detail 
du manifeste ne pouvaient etre developpes que de 
facon tres insuffisante, et Ton avait du. se con- 
tenter de formules pen precises. 

La deuxieme Conference qui se tint du 24 au 30 
avril, a Kienthal, petit village perdu de TOberland 
bernois, demonire combien la theorie et la pra- 
tique de la lutte de classe sont liees etroitement, 
combien il est impossible a Tune de subsister sans 
Tautre. On pourrait etre tente d'opposer Kienthal 
a Zimmerwald commie une conference theorique, 
mais ce iserait ,a!ors une theorie qui sort de la 
pratique meme et qui sert a lni donner une direc- 
tioni. A-finj de prevenir les malentendus, les faus- 
ses interpretations et les critiques sans fonde- 
ment les solutions proposees en septembre dans 
les resolutions de Zimmerwald devaient etre ap- 
profondies et eclaircies. Une exacte delimitation 
etait d'aulant plus necessaire, aussi bien du cote 
des pacifistes bourgeois que de celui des social- 
patriotes, afin que Taction gagnat en clarte. II 
s'agissait surtout de Taction pour la paix, centre 
de tout le debat. 



— 12 — 

--^--"uf^trr officieiie des &* 

crifl^s a la po £ u ^f. 1 ' ^ ou ont ete sa- 

""'" - que l a IlT t e deVenU Un lien ^~ 
nismes TO^^^&£ r ** ant ^ 
'I'"' se diseiit socialistes If ^isme, des gens 
capitalize et a ef 1 "f t . aUJ0Urd,Ilui au 
Paix durable D' 1 S f '• le som de cr6 ^ ™e 

S» la <H>urgo is ie uui d ^ "f^ P rendre au J«i 
quelle K1?^^M^^^ en main, 
vers le f,lnVJ g ^ U,cun mtdr et Joli recul 

S 5 t S S HSteS Ut0plsteS et ** *2 

fluent a per£Etf K'Jff^ 1 ^ 
leurs «vrail» interk ? s diri g ean tes de 

Paix, dons ecl^r - 11 --eurs.de 
<WQlair«p un peu plus t h' ° lent qu ' n suffit 
faire cbmp«ndTi& n',^ 601 ^ 6 P ° ur lui 

vaient avecf 1 la mai^ T ^ les uto P istes «& 
societe capClKte, g Uerre du So1 m ^ de la 



13 — 



II etait necessaire de faire, sur ce point, toute 

la clarte possible. Les travailleurs doivent savoir 

dans quelle direction, avec quels moyens et clans 

[quelles conditions ils doivent miener la luite pour 

la paix. 

Une resolution, prise a 1'unanimite, cherche a 
repondre brievement a cette question. 

Les buts de la guerre se degagent ^ des causes 
de la guerre. Ces buts sont subordonnes aux inte- 
rets capitalistes ; en se realisant ils ne peuvent 
supprimer les causes de guerre, ni par suite eta- 
blir une paix durable. La paix durable ne pent 
non plus elre atteinte taut qu'a cote des moyens 
qu'on preconise contre la guerre, subsistera " le 
regime capitaliste. G'est pourquoi la resolution 
repousse les solutions proposees par les paciiistes 
bourgeois, parce que ces solutions sont purement 
illusoires, apportant la confusion, au lieu de la 
clarte, et qu'elles detourncnt les ouvriers de la 
seule afmfe affieace pour la conquete de la paix, 
la lutte de' classe. 

La resolution est dirigee egalement contre l'illu- 
sion que le proletariat, par les constructions de 
subtils projets, pourra en quoi que soit, iniluer 
sur le contcnu de la paix. Agir dans cette vole, 
ce serait, en tin de compte, laisser le soin de 
1'avenir a une poignee de sages omnisciefvts et 
affirmer que le bonheur viendra en dormant aux 
desherites. 



— 14 — 

les E maK^ e ,i„ C!ai, ' S ',- et *?* m ^S^ B U, comme 

reso lufon n , est en rien uw g&ggW* It 

m nn m , n T° rte '. a so,ution aoadfaniqS d'uno 

question contr oversee Part ant ri« i^ *• 

dttn," '" a T frate de Z ™»'"w a ld, lSSStote 

***** i& Wl 5 ^f^^gg* 

ser le monde tel qu'il ehif .vnm i- 7 P S " 

i-.^,,« i , „ » u " Lid.it avant la Guerre maic 

our le transformer dans le sens du sociaHsme 

ion pas pour fortifier la position des Si? & 

detain de volonte dp mrrturA, i • V. * 

gouvernement, P glCS ' Ies socia1 ^ de 

II va de' soi qu'un eplucheur de mots Doi.rmit 
cees a Hnunerwdd. *. ^are^s'efceatTa 







classe ouvriere de la bourgeoisie et> de ses valets 
social-patriotes, et elle pe*it servir a guider tres 
utilement les efforts. La resolution ne pouvait, m 
ne voulait etre rien de plus. 

\ Ce n'est pas a une Conference, surtout lors- 
Imi'elle a lieu dans des circonstances si extraor- 
Sinaires, d'imposer des prescriptions obligators, 
taction des masses et leur pouvoir, ne seront de- 
' termines par aucune resolution de congas par 
aucun commiandement. lis dependent de 1 mtelli. 
eence, qui pel-met de comprendre la situation, 
et de I'education. Lorsqu'il y a manque en cela les 
plus belles resolutions de congres ne serventde 
rien. Mais quand le mouvement commence, il n est 
plus perauis de le laisser a lui-meme. Le devoir 
de la sociaLdemocratie est alors de prendre la 
tete du mouvement et de le devancer, elle doit 
montrer aux masses le but inevitable et leur pre- 
ciser les conditions de realisation, afin d exercer 
une action refttcbie sur revolution histonque. 

Cette action consistait pour une part dans 1& 
discussion sur la question de la paix. L'mfluence 
que cette discussion pent exercer sur les condi- 
Lions de la lutte depend -de la situation . generale 
et do la conscience que la classe ouvriere pren- 
dra de sa force d'opposition. 

La Conference avait a regler une autre grande 
question, celle de I'attitude a prendre a Ve gard du 
Bureau socialiste international. II est dit dans le 



— u 

Jugement est juste L , nnr . ntlt T° ment mw ^. Ce 
Hon de sa culpaMH, i nS'™ "^ Mais * <Jues- 
devait faire fiilm„ • pas en cause ici II 

Partis , ocia]iste s m ™ onanx H J°?i fatalc * Ue ^ 
tion. Le devoir de dS e n f? Dt V est ^mana-/ 
devoir de hitter centre ll e „ 9 fa ° Dale s'oppose ail 
*> Palx le, deux devo^ &£5W Dans * t«npi 
J ^erre a fait compr n^Sf f ?W*%. 
d unir ces deux devoirs n f!i? * GSt lm P°^ble 
*'** ou pour 1'autre! Le"" IS^ ^decider pour 
considerables chins iw f W^Wes l es plu , 
fense nationale k 7en fft ? a ^ ipation a la V 
iste international/ll e /rest^l U , BUreaU so ^^ 
a ^^er-fec]aie^&^ lJ * renonce 
seveiHait de Tivresso ri,/ \ U ' mome nt qu elle 
„* ^lutte cwtr^^^f ^ ^ * W^ 

P«"£ 5S d^el^ff ^t ** ^ fait, 
Kf son action 3^™^^? ^^ 
•ansfere en Hollande, If ] f Sle ^ e ™ fut 
^Qrganisme central di- l'Tnf *. dairement >e 
v» onte de ne pas exicuter ^J^ ?* 1 * avait *« 
grfts internationaux. ] l vr d f Is ions des con- , 

-H-es S0 . ia , p ^ 



17 — 



de reproches ceux d'un autre pays, plus lis se cri- 
tiquaient 1'un l'autre et se combattaient, plus ils 
sc rencontraient dans le commun desir de ne pas 
voir transformer le Bureau socialiste internatio- 
nal en un tribunal qui, se fondant sur les reso- 
lutions des congres, eut orclonne, coinme le seul 
devoir, de mener la lutte contre la guerre. 

Ce desir commun determina la ligne de con- 
duite du Bureau. Bien qu'au 4 aout 1914, il eut 
apparu aux yeux de tous que l'lnterationale avait 
cesse d'etre' une force, le secretaire declara solen- 
nellement, en plein accord avec le comite execu- 
tif, que l'Internationale etait plus vivante que ja- 
mais. Cette declaration etait necessaire pour pre- 
parer un mutuel pardon et un mutuel oubli, au 
moment 'ou les partis socialistes le degageraient 
des fers oil ils se sont mis eux-memes librement. 
Des lors la politique du Bureau socialiste inter- 
national fut tres claire. Ne pouvant plus trouver 
d'excuses dans l'invasion et dans Feff ondrement 
des partis nationaux, le Bureau socialiste inter- 
national se declara ouvertement partisan du so- 
oialisme patriote, et il servit k tromper les masses. 
Afin de donner a son attitude une apparence de 
justification, il se lanca dans de grands discours 
mystiques, il examina consciencieusement toutes 
les resolutions prises, a Vienne, a Londres et a 
Copenhague et il persuada la class e ouvriere que 
la seule action presents consistait a formuler les 



— 18 — 

revendjcations que Ton aurait h eoutomr au mo 
mentdes negociations- de paix 

danl SSi^ f T e •* 2i ^^aJ,d s'est, 

ftStte IT SUF la , Paix ' 0p P° s6e dement 

resolution Z • P roceder - Dan * «ne deuxieme 

U0 V 9*?*M«* vivement l'attitude du Bu- 

ml li? ™ de T nda qu ' im contr61e ** exerce 
sur lm. EUe rndiqua que dans le cas ou le Bu- 
reau pourrait sieger au eompkt, le devoir del 
•owjhste. serait de ^opposer sans' &£*&£ 
mont aux sociai-patriotes, de les demasouer de 
prendre position eontre leur AC^3Ti<£ 
Siste a nourrir les travailleurs pendant la nafe 

feucnt, it conseil de se massacrer les uns les in 
ta-iBW togt^ps ,„,, pIall , ^™ r ^ 

En ce qui concerne la convnrflfirm ^i„ u , 
socialist, international, la Smt^Zr^T 

^ a 3 d * soc ^stes pensent que l^rga- 
nisaiion dune action internationale die^nri J£ 
quemen du Bureau de La Haye. Gest faux lE? 
turn Internationale doit naitre directement d£ 
masses de chaque pays, et d'eU*S£2 ^St sen 
lenient apres qu'un centre international peut exer" 
cer une action efficace. C'est pour c«*E ™? 
que la Conference renonca TeSr T a I * 

Hon immediate du BureS. VX^ZZZ 



- 19 — 

ment commence dans chaque parti national, Tac- 
tion centrale die coordination se fera d'elle-meme. 
Mais ce ne pourraplus etre pour le socialisme 
patriote, ce sera pour une ceuvre vraiment socia- 
list^ qui ne sera dirigee ni par un Scheidemanri, 
ni par un Vandervelde. 

La lumiere faite sur ces deux questions essen- 
tielles, la Conference d'evait encore degager de 
ses resolutions les conclusions pratiques. Elle le 
fit dans un appel aux classes ouvrieres. Un appel 
"« aux peuples qu'on ruine et qu'on tue », fit re- 
tentir a nouveau le cri de : guerre a la guerre! 
apres avoir dit ce qui est, jusqu'a aujourd'hui, 
sorti de la guerre, et avoir rappele les devoirs 
que la Situation presente impose. Get appel s'en 
est remis aux deux resolutions pour exprimcr le 
necessaire sur le caraetere historique de la guerre; 
il va sensiblement plus loin que le premier mani- 
feste de Zimmerwald. II exige en effet un armis- 
tice immediat, le refus de tout credit de guerre, la 
lutte ouverte eontre les consequences sociales et 
economiques de la guerre. II s'est exprime d'au- 
tre part, en termes plus clairs et plus directs. 

Le projet d'appel est venu d'un Francais, d'un 
depute. La n'est pas la valour du manifeste. Mais 
le fait que, cette fois, des parlementaires francais 
aient eux aussi pris part a la Conference et que 
Fun d'eux ait redige.im appel pour la paix imme- 
diate, eontre 1'unioii sacree et pour la reprise de 






— 20 r- 

la lutte de classe, ce fait la mesure le progres ac- 

S2 3 Z S1 L J"" 1 ' 5 dls P° siti °ns des masses 
uuvneres clans le pays qui, en raison des rirrnn, 

i diner a i action de Zimmerwald, L'histoire mon- 
ge aujourd'hui une fois de plus qu'une idle Deut 
ere trahie pent etre reniee par ses ^reWante 
elle n'en demeure pas moins. II en es[ ain si ? P ' 

^enTllff " ?T qUe !"& KSSpS 
sepaient la ^econde Internationale de la premiere 

la force de 1'idce internationale s'est afS5 
cette fois, au sein meine de la guerre a " Irmee ' 
Le devoir de la seconde Conference de Zimmpr 

Ssp^^str 6 reV1Vre ^ ^^ d6S 0U ™- 

Robert Grimm. 
JVe« es Le&eji, mai 1916, Berne. 



Compte rendu official 




Les pr eparatlfs de la deuxieme Conference 

Invites par la Commission socialiste internatio- 
nale de Berne, institute lors de la Conference de 
Zimmerwald, en septembre 1915, les represen- 
tants. des organisations et des "groupes adherant a 
cette Commission se : sont rencontres en une 
deuxieme Conference socialiste internationale. 
Cette Conference a eu lieu du 24 au 30 avril 1916 
a Kienthal (Suisse). 

La Commission socialiste internationale, d'un 
commun accord avec les representants de nonir 
breuses organisations adherentes, avait deja ex- 
plique .dans une circulaire, en fevrier 1916, la ne- 
cessite d'-une nouvelle reunion des partis, des mi- 
norites ct des group es qui se placent sur le terrain 
des principes contenus clans le manifeste de Zim- 
merwald, pour se concerter sur la position a pren- 
dre en face des evenements survenus depuis la 
premiere Conference. « La tache principale du 
socialisme » , dit la circulaire susmentionnee, 
« doit etre, aujourd'hui, de reunir le proletariat 
international en une force revolutionnaire agis- 
sante, lice, en temps d'e paix comme en temps de 



22 ~ 

Parlant de la constatation que les evenemerits 
survenus depuis la Conference de ZiZeTwald 

ftffiS 6 la juste,sse des p°^*^o™ 

ttiZ^STLTt I °f ete formules, apres avoir 
-mi matise 1 attitude des, majorites des partis so- 
ciahstes qui ont adhere a 1'Union sacrle et par 

en pioiongeant la guerre et aggravant les rrmrfi 

r/e^fr 1 ? d6S €laSSeS ° UV ^ ^^S£r' 
attnel attention sur latitude du Bureau socia 

™^r ati0nal Ia <**"**» socSisS- 

es un m dt T™* ™* ^^ons adberen- 

tes un ordredu jour pour une deuxiemie Goaf 6- 

S * n *?T ti0n * U en feaM comI »* suTt les con, 
anions d'admission : 

•1° Seront seuls admis les representants Aps 

dec ion d d fr n qU ^ Se ***?*%**■ * terrain des 
decisions d e la (conference de Zimmerwald ; 

1 ,. Fo 4 ur le f P a y s d'ont les partis of fields et les 
syndicate adherents a la Commission JociaH J 

designes par les organisations susmentionnees ; 

rent «2 aV^' - * ** ^ '**<*** "'*»*- 
«t « P * I Commission socialiste internationale 
ne_seront admis queles delegnes des organisa^oiS 









2S 



a) deploient dans leur pays une activite oraie 
ou ecrite conforme aux decisions de Zimr 
merwald ; 

b) peuvent presenter a la Commission socialiste 
internationale dels preuves de leur activite ; 

4° Des delegations individuelles ne sont admi- 
ses qu'exceptionnellement et avec voix consulta- 
tive ; 

5° En cas de contestation de la validite des 
mandats, la decision definitive sera soumise a une 
, Commission de neuf meinbres — • y compris les 
quatre membres de la Commission socialiste in- 
ternationale — qui decidera apres s'etre mise au 
courant de la situation. 

6° La Conference decidera du mode de vota- 
tion.. 

Les rapports publics dans le Bulletin aussi Men 
que les nouvelles que les journaux publient sur 
les partis socialistes des pays belligerants prou- 
vent suffisamment que la Conference de Zimmer- 
wald et son inanifeste ont trouve un echo pro- 
fond. L'orientation que le proletariat est en train 
de prendre apres que le cauchemar, provoque par 
la guerre et par I'attitude des organisations nati'o- 
males et internationales du socialisme, s'est dissipe, 
rendent toujours phis urgente une action du prole- 
tariat de tons les pays, guidee par les principes du 
socialisme international. Que la communaute des 






— 24 — 

interets et de Tideal du proletariat de toils Ies 
pays, loin d'etre detruite par la guerre, ait etc, au 
contraire, rendue plus evidente par le caractere 
imperialiste du conflit actuel des peuples, cela a 
ete prouve avant tout par Taction developpee par 
le proletariat des differents pays belligerants, gui- 
dee par les memes principes, aspirant au roeme 
but. La Conference de Zimnierwald, le manifeste 
qui y a ete signe, la declaration franeo-allemande 
qui y a ete faite, les decisions qui y out ete prises, 
ce< sont la les preuves de Tentente theorique et 
pratique des classes ouvrieres des differents pays. 
La signification de Faction de Zimmerwald — 
aussi modeste soit-elle — consiste dans le fait 
qu'elle a reveille la conscience des devoirs inter- 
nationaux et revoliutionnaires du proletariat, cons- 
cience qui etait ,sur le point de disparaitre. Les 
adherents de Taction de Zimmerwald et les parti- 
cipants a ce's Conferences n'ont jamais doute que 
^les reunions internationales ne sauraient seules 
ramener a la vie et a Taction TInternationale pro- 
letarienne. L'lnternationale doit naitre dans les 
divers pays de la conscience socialiste et de son 
application pratique, elle ne peut devenir active, 
attemdre une puissance politique uniquement par 
des resolutions de congres. Tout en tenant compte 
du fait que la conscience socialiste est determinee 
par le developpemient historique, on ne pouvait 
poujjtant attendre, avec le groupement internatio- 




nal des forces restees fideles au socialisme, \nie la 
conscience socialiste soit mure dans tous les pays 
et chez tous les ouvriers. La conscience Interna- 
tionale du socialisme ne peut pas s'affirmer d'un 
seul coup, elle aussi doit se developper et etre 
developpee par les ouvriers eux-memes. C est cette* 
consideration qui a rendu necessaire la convoca- 
tion de la Conference au rnois de septembre. Mais 
on ne devait pas en rester la. Apres le premier 
effort tendant a reunir les forces de TInternatio- 
nale, apres Zimmerwald, qui est devenu un sym- 
bols de ce ralliement, il a fallu preciser davan- 
tage Taction du proletariat international et ceci a 
deux points de vue : An point de vue positif, il a 
fallu tracer un programme d'aetion pour le pro- 
letariat ; au point de vue negatif, il a fallu agir, 
preciser et souligner les raisons de la profonde 
hostilite du proletariat envers les « solutions » 
que les paeifistes et les pseudo-socialistes s'achar- 
nent a donner au problem e mondial. 

Les delegations 

Yu les nombreux obstacles et les grandes dif- 
hcultes que les delegues des pays belligerants doi- 
vent suirmonter pour pouvoir participer a une 
Conference intern ation ale, le nombre des cama- 
rades qui ont pri's part a la seconde Conference 
Internationale pent etre considere comme , tres 



26 — 



important ; si tons les camarades gui v f« 
wot delegues avaient pu y participer t nombre" 

gius aurait ete augmente de plus d'un tiers Les 
representants d'Angleterre, -tfAutriche de Ron 
^ame de Bulgarie, de Suede et de Norvege et" 
de Hoi land'e ont ete enipeches de prendre nart A 
a Conference a la suite de difficE pasL 
ports que les gouvernements des pays LSiXnte 

r LSe r^f;- ies ■? K*^- Si 

■udncaise ont ete dimmuees de in mf ,;n ■ 

no r ,.„f,,„ j ""^iiuLLi, ae la moitie environ 

Ont ete represents les pays slants : 
i « Opposition dans ^organisation » et l'ormni- 

France ; A la suite de I'lm^ossibilitc de se oro. 
curer les passeports les minority du Parti tde 
syndicate adherant a Zinimerwald et an sont 7. 
presentees par le « Coraite pou^a Z r s doJ 
relations Internationales # durent se n? er 1 
envoyer, par ecrit, kur adhesion a la d EL, 
Conference et a toutes se& decisions, L fS 
ion nationals des syndicate des ii&titat£? <£ 
France se trouva dans le meme as hi ? t! 
quatre camarades de France, p^ie^SoS 



27 



deputes, assistaient a litre personnel a la Confe- 
rence. 

Angleterre : Le gouvernement anglais refusa, 
eomme a la premiere Conference, la delivrance 
de passeports aux delegues nommes par 1' « In- 
dependent Labour Party » e't par le « British So- 
cialist Party ». Les deux partis envoy erent des 
telegramimes de sympathie. Un membre de l'L L. P. 
assista a la seance en qualite d'hote. 

Italic : Delegation of ficielle du Parti ct de la 
fraction socialiste du, parleinent. Eh tout huit de- 
legues., 

Russie : Delegation offlcielle du Parti des revo- 
lurtionnaires-socialistesi (internationalistes), du 
Co mite central et du Coraite d'organisation du 
Parti ouvrier social-democrate de Russie et de la 
Social-Democratie de la Lithuanic. Nombre total 
huit delegues. 

Pologne : Delegation officielle du Comite na- 
tional et du Comite central de la Social-Democra- 
tic de la Pologne russe et de Lithuanie, ainsi que 
du Parti socialiste polonais (Lewitza). En tout 
cinq delegues. 

Sevbie : Le Parti social-democrate' de< Serbie a 
ete represente par u.n membre de la Skoupchtivia. 

Portugal : Un delegue du Parti socialiste porhr 
gais. ' 



— 28 — 

Suisse: Representation officielle du Parti so- 
cial-democrate par cinq delegues. 

crSaHaf2 t l t T W r * senU P™ ™ delegue le Se- 
cretariat de la Jeunesse socialist inter Rationale et 
furent presents, les membres de la Commission 
socialise Internationale de Berne, de sO^aulTe 
Mombre total des participants ,se monta a 44 

outrut 8 in C ° 1 n ^ rence ' le G ^ite central du Parti 
ouvner ^ocial-deraocrate de Bulgarie fit savoir 
ue ses deux delegues ne purent franchir la fron- 
iere autnchienne, , et il donna son sentiment aux 
resolutions prises. UUnion des ouvriers Mfsde 
Litbuanie, de Podogne et de Russie fut egalement 
empochee d'envoyer on delegue. Elle envoya Ime 

la deuxieme Conference socialiste internationale. 

Xe S debats se terminerent par l'adoption d'un 

appel a la classe ouyriere et de deux resolutions. 




Aux Peuples qu'on ruine et quon tue ! 



Proletaires de tous les pays, unisses-vous ! 

Deux ans de guerre mondialel Deux ans de rumes! Deux 
ans de massacres! Deux ans de reaction! 

Qu'i done est responsible? Ou sont done — dernere ccux 
qui, au dernier moment, out allume l'incendie — ceux-la 
qui Pont voulu et prepare depuis im quart de siecle? 

lis sont parmi les pviviligiesl 

Lorsque, au mois de scptembre 1915, au-dessus de la 
melee, au milieu des passions guerrieres decliainees, nous, 
socialistes des pays belligerants et neutres, r6unis frater- 
nellement a Zimmerwald pour sauver l'hoimeUr du Socia- 
lisme et degager sa responsabilite, nous disions deja dans 
notre Manifested 

Les institutions du regime capitalisie qui disposent dir 
sort des peuples: les gouvernements (monarclnques on re- 
publicans), la diplomatic secrbie, les puissantes organisa- 
tions patronales, les partis bourgeois, la presse capitalists 
I'Eglise — sur elles toutes pese la responsabilite de cette 
querre, surgie d'un ordre social qui les nourrit. 

Cost pburquoi, « cliaquc peuple », comme Pa ail James 
quelques jours avant sa mort, « a paru a travers les rues 
dc PEurope avec sa petite torche a la main ». 



* 
* * 



Apres avoir couche dans la tombe des millions d'hommes, 
desole des millions de families, fait des millions dc veuves 
et d'orphelins, apres avoir accumule ruines sur rumes et 
detruit Irremediablement une partie de la civilisation, cette 
guerre criminelle s'est immobilisfo. 



— 30 — 

faudrait que ffi ^S^SS^ "^ ** ***■"• U 
d'hommesi avernemenls sacrifieut des millions 

a-dire tous saig neSi Cs epuiS, t ° f ™7 VAINCUS ' c ' est " 
iolic guerriere. Les classes diri"; , SWa le Man de ce «e 
teter la vanite de leurs Sve ll & T ■ peuTent aillsi c ^ s - 

Ainsi est-il de nouve™ 7 do ^»^tion imperialiste. 

leur pays, c ux Ts s « ?a" ^- ^V^ ° nt ***'•«* 

au delire nationalise S rfc^nt ?f ^ circonst ™, 
son* annexions, reciamant Za patxc immediate et 

Que vos voix lloml)reuses cr . ent ayec V — 

A Das la guerre ! Vive la paix \ 

Travaiileurs des rilies et des champs ! 

pour lib^er^espeuSes^,,* Ut k*^ ^qu>aa bout » 
Le vrai but de^K? P ar . »°s maitres, pour la guerre 
de s'assurert. possessloTlu TT^ t*"* 6 "* les W 
pendant des siecfes 5 al cot, d* t qU ' Us ° Ut ^emble 
autres, d'aboutir A L W d autres guerres ; pour les 

d'augmentei leur lot £ anneS T^- ^ mon *' afl » 

Vos gouvernements et vos fournauv v„„. Jr ! paria& - 
continuer la g uerre pour tuef L StSme "^ ^'^ faut 

dWra etre S^'toTig^ p"™" * le ^*«** 

W^g$^£Z£ j ™ ux vou- disent encore 
tiiere guerre,? g gUerre P ou r <ra'elle soit la « der- 



— 31 — 

lis vous trompent toujours. Jamais la guerre n'a tui la 
guerre. Au contraire, en excitant les sentiments et les inte- 
rests de « revanche », la guerre prepare la guerre, la vio- 
lence appelle la violence. 

De sorte que vos maitres, en vous sacrifiant, vous enter- 
ment dans un cercle infernal. 

De ce cercle, seront impuissantes de vous tirer les illusions 
du pacifisme bourgeois. 

11 n'y a qu'un moyen definitif d'empecher les guerres 
futures : 

O'est la complete du gouvernement et de la pro- 
priety capitaliste par les peuples eux-memes. 

La « pais durable » sera le fruit du Socialisme 
triomphant. 



Proletaires 



i 



Regardez autou* de vous. Quels sont ceux qui parlettt de 
continuer la guerre jiisqu'au bout, jusqii'a la « "victoire » . 

Ce sont les auteurs responsables, les journaux ahmentds 
aux fonds secrets, les fournisseurs des armies et tous les 
profiteurs de la guerre; les social-nationalistes , les perro- 
qucts des formules guerrieres gouvernemntales; les reac- 
tionnaires qui se rejouissenf eti secret de voir tomber sur 
les champs de bataille ceux qui menucaient hier leuis pn- 
vileges usurpe'Sj e'est^a-dire les socialistes, les ouvriers sgn- 
dicalistes et ces paysans qui semaicnl le blc rouge a travers 
les campagnes. 

Voila le parti des prokmgeurs de la guerre. 

A luL les forces gouvernementales, & lui les journaux 
menteurs, empoisonneurs des peuples, a lui la liberie' de 
propagande pour la continuation des massacres et des 

mines. , •• ' 

Et & vous, les victimes, le droit de vous taire et de sout- 

f rir, l'etat de siege, la censure, la , prison, la menace, le 
baillon. 



— 32 — 



^Zizr^ToZ sra* ?' est pas ^ *** 

Dans la tranche] I t n ! ? ^ en masse ' Ies victimes. 
la mort, voila leT'nL.V T ? dCS bataille ^ exposes a 

Pabri, v'oicTla mp^tSri^ft^^ A l *®**' a 
ques ». P s llches el leur s valets « embus- 

Pour eux, la guerre c'est la MO rt des autres 

« 1'union sacre? ». Il s ^TcendeS*^ V °" S Ub pr6chent 
vos miseres et vos S0B ffn^ eme JUSqu ' a exploiter 

trahir vos devoSde cSs S e et T&^T'* de V ° US faIrc 
socialiste. et de tuer en v <>us Pesperance 

Asscz de mores ! Assez de souffrances • 



Assez de ruines aussi ' 
l^&SS ees r £££*"«*• ^^ > W ^ 

peuples, pour K^^^^!, Ie ***-&■ des 
Jociales, qui auraient •i^'JJEKSt faWiS SrT"" 
tipn et attenue la misere ' lavoris(; Pmstruc- 

coSeT dC l0UrdS imp6tS s '«PP-antiront sur vos epaules 
*ans annexion)*! P mP ° Ser imm ^iaiement la p aix , 



1 



I 



Que dans tous les pays belligerairts, les femm.es et les 
hommes des usines et des champs se dressent contre la 
guerre et ses consequences, contre la misere ct les 'priva™ 
tions, contre le chOmage et la cherte de la vie! Qu'ils -elc- 
vent la voix pour le retablissement des libertes conflsquees, 
pour les lois ouvrieres et pour les revendications agraires 
des travailleurs des champs. 

Que les proletaires des pays neutres vienncnt en aide aux 
socialistes des pays belligerants dans la lutte difficile qu'ils 
menent contre la guerre ; qu'ils s'opposent de toutes leurs 
forces a l'extension de la guerre. 

Que les socialistes de tous les pays agissent conforme- 
ment aux decisions des congres socialistes internationaux, 
d'apres lesquelles e'est le devoir des classes ouvrieres de 
s'entremettre, pour faire cesser promptement la guerre. 

En consequence, exercez, contre la guerre, le 
maximum de pression possible sur vos elus, sur 
vos parlements, sur vos gouvernements. 

Exigez la fin immediate de la collaboration 
socialiste aux gouvernements capitalistes de 
guerre ! Exigez des parlementaires socialistes 
qu'ils votent desormais contre les credits deman= 
des pour prolonger la guerre. 

Par tous les moyens en votre pouvoir, amenez 
la fin de la boucherie mondiale. , 

Reclamez un armistice immediat ! Peuples qu'on 
ruine et qu'on tue, debout contre la guerre ! 

Courage ! N'oubliez pas que, malgre tout, vous 
etes encore Ie nombre et que vous pourriez etre 
la force* 



— 34 — 

Que dans tous les .mv. i 
««lt jjrandir e„ vVjTl 2 Sonvernemente se „. 

v<..o„ M de revanc^rJ^-reTet rhe 8 *T? * U ' 
sera avancee, ""aies, et 1 heure de !a paix 

A oas la guerre I 
Vive Ja paix ! i 

annexions. paix ""mediate et san s 

Vive le Socialise international f 

l» Mai 1916. 




L 'attitude du Proletariat 
en face des Problemes de la Paix 



Comme resnliat des deliberations de la seconde Confe- 
rence socialiste Internationale de Zimmerwald (du 24 au 
30 avril 1916), la resolution suivante concernani Valtitude 
du proletariat en face des problemes de la paix a ete adop- 
tee a l'unanimite en votation finale. 



1. La guerre aetuelle est la consequence des antagonismes 
imperialistes, resultant du devcloppement du regime capi- 
talists Les forces imperialistes s'eniploient k exploiter dans 
leufinteret les problemes de nationality demeures sans so- 
lution, les aspirations dynastiques et tout ce qui survit du 
passe feodal. Le vrai but de la guerre est de provoquer une 
nouvelle repartition des possessions coloniales et de deter- 
miner la sounaission des pays en retard dans leur develop- 
pement <5conomique. 

2„ La guerre ne pouvant supprimer ni le regime capita- 
liste ni ses manifestations imperialistes, ne peut non plus 
elimincr les causes de guerres futures, Elle renforce l'oli- 
garchie financiere, elle est incapable de resoudre les aneiens 
problemes de nationalite et de mettre fin a la lutte pour 
1'hegemonie mondialc. Elle complique, au contraire, tous 
ces problemes et cree de nouveaux antagonismes qui aug- 
mentent encore la reaction economique et politique, provo- 
quent les germes de guerres futures. 

3. C'est pourquoi, en ( affirmant que la guerre se propose 
une paix durable, les gouvernements et lours agents bour- 
geois social-nationalistes netiennent pas compte des condi- 
tions n^cessaires a la realisation de ce but ou faussent 



sciemment la verita n^o . . 

nexions, l es -W^s fc^affiSFT C fP italiste = ^ ^- 
^^™, Pas plus ZZ^ul a 5??. qu ?» des Eta ** 
gamres, ies limitations des irniemeX * d arMtra 8 e obli- 
Pelle democratlsation de a pSSS CG qUe Pon a P~ 
assurer une paix durable P ° lltique etr angere, ne peuvent 

de froisserneiits et deE-tf tS Jr de nouvelle « causes 
coalitions des PuissanceKLfeste? ^ W??^ « *■ 
Propre a prolonger, a etendS la guS' £f S ' 1& un m °y e » 
voqujut des conflagrations ^ISSTtoSSS^ !S Pr °" 
5- Les projets tendaut a suniSer ft F Plus 8 * aves - 
Par l a limitation generate d?fSf dan 6ers de guerr& 

obligator, supposed 'existence ^T™ •' ^ ^^^age 
neralement reconnues, SI d 2 anctl ° ns efflcaces gl- 
capable d'equilibrer 'l es SSt, *" p r ° rCe nia «rie!le 
~ .at'd-lm^W a ceuiS son 2SrS Tf ?* dCS Etats 
tions et une telle autorite ™eSS -* d ° te " es sanc " 

meht capitalize qui aggrave enctl iJT*' f Ie > v «*>?Pe- 
les bourgeoisies des differents p3 S, f 1 ^ 01 " 8 "^ ehtre 
ne nous donne aucun esuoir ?,?? i ° U i- leurs options, 
puissance mediatrice. Le vlritaht * ave ™ cl * d'une telle' 
«ur la politique etrangere ^^° U T ,le , .' d&nocra «^ 
complete de PEtat moderne ; le p^olltari t t ^ emoct f Nation 
une mine utiUsable dans sa E f ^verait en lui 
mais jamais UJ1 moyen^c^f 'iS-sSffi '^-IW, 
la diplomatic en un instrument TpS£ * tran ^™er 

socialistes nationalistes, qui iSmnlacenf f honr S^i S et des 
*>ar de nouvelles. lis kuSnt Sf £ d " VleiUes iIlusiou « 
tournant du cbemin de la lutte ? n }?* maSS6S en les de- 
Jcu de la politique jusqu'auboutis e ^ * *" *?*** le 



37 — 



ii 

i 7. Si le regime capitaliste est incapable d'assurer une paix 
durable, seul, le socialisme ereera les conditions neeessaires 
a sa realisation. 

En effet, en abolissant la propriete privee des moyens de 
production, le socialisme elimine en meme temps que Pex- 
ploitation des masses par les classes possedantcs, l'oppres- 
sion des peuples et, par le fait meme, les causes de la 
guerre. C'est pourquoi la lutte pour une paix durable n'est, 
en somme, que la lutte pour la realisation du socialisme. 

8. Chaque fois que la? classe ouvriere renonce a la lutte 
de classe en sc solidarisant avec ses exploiteurs, en subor- 
donnant ses aspirations a celles des gouvernements et des 
classes dirigeantes, elie s'eloigne de son but: la realisation 
de la paix durable. Dans cc cas, la classe ouvriere confle 
aux classes capitalizes et aux gouvernements bourgeois une 
tache qu'elle seule peut meiier a bonne fin; pire encore, 
elle livre a l'abattoir de la guerre ses meilleures forces et 
voue ainsi a la destruction les elements les plus sains et 
les plus capables qui, en temps de guerre comme en temps 
de paix, devraient etrc appeles en premier lieu a la lutte 
pour le socialisme. 

I 11 

9. Conformemeiit aux decisions des Congres intornatio- 
naux de Stuttgart, de Copenhague et de Bale, 1' attitude du 
proletariat a l'egard de la guerre ne saurait etre determince 

'par la situation militaire ou strategique des pays bellige- 
rants. Le devoir vital du proletariat est done de deinander 
des maintenant 1'armistice immediat pour eutamer les 
pourparlers de paix. 

10. Scion que cet appel trouvera un ecbo dans les rangs 
du proletariat international, suscitant une action vigoureuse, 
dont le but est le renverscment de la domination capita- 
liste, la classe ouvriere reussira-'a hater la fin de la guerre 
et a intluer sur les conditions de la paix. Si la classe ou- 
vriere ne suit pas cet appel — les conditions de la paix 



38 

future seront fixecs mv w, ■ 

les classes dirigeanteY J& S^^^ents, l cs diplomaties 

pmdions socialises el pour • f- masses l» our ^ «w- 

fleau militariste, le SoFSat J 1 *?*** " dp l^huriUK du 

des pennies, mais u s^Zle^frT 71 ^ mx iM <*&* 
des frontier, mfime dans le C a" n mCm<!nl a ^itraire 

Wfa pourvus dWe mdXe d L T "^ dcs Etats **- 
verrtable vasselage. L c s Sf2 , ^T et soun » s * *n 
JW, toule oppression SSSST S*?*! tend a «tt»* 
eeonomique des peuph>s suT ,: P t J " l,nion Pulque et 
urnon irrealisable dan ] "J £? * a ! w ^°cratique s -I 
Mais ce sont pre<3 S( £ S, w t f e la socia6 capiiaiiste. 
W rorme ~ q Ui Sen? S ^ ~^^ £"** so* 
demembrant les pennies V » V* - UChe dirfl cde, lorsqu'en 
£«■< aux grarXSffi £L£ a £ ] f * <* I» l££ 

I'egalite de S 9 <£oit\ Tt^^J™** '» « * liberie et 
du proletariat est de lufL Ia P , pleS ' Ie c °nstant devoir 
Pression nationale centre oute Jh ft***, ^^ toute °P" 
MH Plus laibles, 'pour ob en r SS 1^ ■* 1 '* ard de * Peu- 

la protection des ^i^mfSSZ^ ^^ ainsi que 

i* Les mdemnites de e-,^.-,.,. • 
imperialistes n e sont „J- j ^f re .^* ees P«* les puissances 
Proletariat. Be JJgf *£ jj^^*"*" ■** intend* 
Pays chercbent a fairT peser le, r, ? 01I M 1,an *™ de chaquc 
epaules de leur propre clW n,„ • * de gUerre A 
de rejete le poids d es £S2£2?1? ?" ?"**«** 
Jgj* des W* vaincus. S u * J* 1 ? 8 SUr Ie JP* 01 *- 
b*e» aux travaiMeurs du D „, ,, * < ' ,u,s, ' s n «^ait aussi ' 
dos charges ^conoxniqu^ ffJ^SffiT', ^ P ^^ati<m 
*« P-, aurait -^SX^^^^ 



autres pays et rendrait plus difflciles les conditions de la 
lutte de classe Internationale. Paction du proletariat d'un 
pays ne cousiste pas a rejeter les charges econoittitfUes et 
iinancietes resultant de la guerre siu* les ouvriers d'Utt au- 
tre pays, mais a les faire peser sUf les possedants de tous 
les pays par l'abolition de la dette publique. 

14. La lutte contre la guerre et 1'imperialisme, conse- 
quence dos souffx-ances et des sacrili(tes des peuples, s'in- 
tensifiera de plus eh plus par suite des malheurs causes par 
les fleaux de l'^poque ,imperialiste. Lc socialisme deVelop- 
pera et dirlgera le inouvenient des masses contre la chertc 
de la vie, pour les reveiidications agraires dcs travailleufs 
paysans, contre le chdmage, leg nouveaux impAts et la reac- 
tion politique jusqu'a Ce qu'il aboutisse a la lutte interna'- 
tionale pour le triomphc iinal du proletariat. 



Le Bureau socialiste international et la Guerre 



La seconde Conference socialiste Internationale de Zim* 
merwald (tenue du 24 au 30 avril) a vote h t'unanimiti'i la 
resolution suivante au sujet dc l'attitude du b\ S. I. viS u a- 
vis de la guerre : 

I 

Consideraut que Ie Coniite du Bureau socialiste interna- 
tional (B. S. I.) a gravement manque a son devoir, le plus 
nettcment et le plus explicitement etabli i^ar les resolutions 
deS congres internationaux, en se refusant obstinement dc 
coiivoquer la reunion pleniere du Bureau, inalgre les ins- 
tances f6pet6es des diU'ercntcs sections nationales; 

Que, de cette hiani6re, lc Comite executijf n*a non seule- 



— 40 — 

ment rien fait pour remedy i t 

par Internationale, ma? a „ ^nt* — profonde Oversee 
se faisant le comASSSR^ ^Pprofondie, en 
Politique de la soi-disant dS« I , pr4 =2? e *' de la 
sacree », qui a red uit l'lnteri a S>„n 1 f ° &t de ' Punio » 
et d'xmpuissance hontcuseT 2 ' de dls P crsi ™ 

Que cette conmlir itri Hn r< !*■>•' 
Predion la iffiSJiSif'Sf Sf " tr ° UV<5 s ™ «- 
a cru pouvoir cmE en n f Slt que son President 

ministre d'Etat en guerre ZJ °iT e Ia ^ ualm d'un 

Considerant que ceHn + D „t„4- c ' lu ' 

sanction donneed'avnnee rf^tt ^ acco1 ^^ de la 
.usjmee par Ia soi-d^S ^^£%!^^ Peuples, 

s'aeharne ta^l^t^^ 3 ^^*^ socialiste 
lutionnaires de Internationale a " ^ eI(5men ts ^Xo- 
Ia melee et se sont tcndus lis ™X, n S ° Ut retrouv « dans 
centre la guerre imperialVte ■ P mau S ure r la lutlc 

P^nx separ, e tre *.„423&S£* ^^ d '"- 

--'»«' S du^aiLr^e^^rr 

« uerre "•"'« la plupSt d' cs q n' v f , T\ ^ bhs pend ""t I* 
-'•— n ,s et 4 drrigeants^ S ^Ihgdrants entre l es gou - 
est a craindre que le £, f • - S ^ lahs . me nationalist!, il 

JJ '■""" invocation S^S^ lc Burea » au moment 
1 "* «i d- deux coanS^i-^T^s politiques da 



— 41 — 

La sceoude Conference socialiste internationale de Zim- 
merwald ; 

Invite les sections affiliees a la Commission socialiste In- 
ternationale de Berne a suivre avec une attention soutcnue 
les demarches du Comite cxecutif ; 

Exprime sa profonde conviction que l'Internationale ne 
pourra se relever comme veritable puissance politique _ de 
la debacle qu'au fur et a mesure que le proletariat mondial, 
s'emancipant des influences imperiulistes et chauvines, re- 
prendra la voie de la lutte sociale et de Paction des masses. 

Pour le cas oil la seance pleniere du Bureau diwait etre 
convoquee, les delegues des partis adherant a Zimmerwald 
x devront devoiler les intentions reelles des representants du 
Socialisme nationalists, tendant a detourner le proletariat 
de ses buts, et opposer a cette duperie coalisee les principes 
fondameutaux sur la base desquels Popposition internatio- 
naliste s'est constitute dans tous les pays. 

II 

Si le Comite exeeutif du B. S. I. . devait couvoquer line 
reunion du Bureau, la C. S. I. de Berne devrait tacher de 
convoquer la commission elargie pour se concertcr au sujet 
d'nnc attitude identique a celle des Zimmerwaldiens. 

Ill ! 

La Conference reconnait le droit des sections socialistes 
nationales, adherant a Zimmerwald, de demander la convo- 
cation du B. S. I. 




CHAMBRE DES DEPUTES 
/'Seance Qf« 24 Juin 1916) 



Declaration do Citoyen Brizon 

devaste PEuPojwTta SS T ^ am d ' une ««^ qui 
>nent, les gouvern Lntl ^ nTvf f' n" / nellace ***"- 
encore des milliards et encore d£= - J el ^ant S demandent 
cette guerre d'exterminatiS aeBUlta *» ))our P^anger 

Au moment d'un vote si ni- 
la paix dans la liberie w!l n ° tre Pensc5c ? e *°«™e vers 
conscience d'accompl if le n h,7\ qU1 y *H&n&t avec a 
monde. vers les c^Srageux Sf ,, f U deVoir ^ *<* au 
mande... (^teetoSXSf, X*d£?J% la "» n ^ite alle- 

M. Emxle Paure _ v L ^ k " ec n h n t! C&&ai*«fla»» c , buriL) 
noHU all emande a eu Ir^i ° UVeZ PaS dire « uc "■ "M- 

M. Alexandre Blanc ^ T g ., 
Us ont de courage. (firatt.) m ° ms lls SOIlt "ombreux, plus 

M. Bhizon. — „ ni ■ 

combat contre l e nLu I ti lfi spoir du monde dans le 
^attu sur les hommes ° Pl " S temMe «*> soit jSaS 

f SSS?^ '- — annexion, 
centre deux coalitions formidaSl P ? S^ ?U ^ e * n °»strueuse 



43 



ii n'p a ejf tt n'y a«ra zii vainqueurs ni vaincus. Ou plutdt 
tous seront saignes, ruines, epuises. 

« Avec la jeunesse dans la tombe, les meilleures genera- 
tions sacrifices, la civilisation en partie detruite, la fortune 
perdue, la desolation partout, une victoire serait-elle une 
victoii-e? 

« Et s'il y avail, par malheui-, des vainqueurs exasperes 
et des vaincus irrites, la guerre recommencerait pour la 
vengeance, pour la revanche. 

« Car la guerre n'a jamais lui la guerre. 

« II n'y a qu'un soul moyen d'empecher les guerres futu- 
res : e'est la victoire du social! sme, en Allemagne et dans 
les autres pays, sur les classes, les gouvernements et les 
hommes de proie. » 

Les socialistes allemands ajoutent: 

« Les gouvernements europeens, avec leur diplomatic se- 
crete et leurs appetjts de conquctes, ont dechaine la guerre. 
His la prolohgent pour se sttuver. 

« Les peuples' veulent la paix. Ce sont eux, cc sont les 
paysahs, ce sont les meilleurs ouvriers de la civilisation 
qui tombent en masses, victimes d'une guerre qui n'est pas 
la lair, puisqu'elle U'a pas pour but d'ecraser la feodajite 
Internationale qui les exploite. » 

Et ces heroiques socialistes do la mittorltc allcniandc con- 
cluent : 

;'« Les nations, leur territoirc et leuv liberie sont sauves 
par l'heroismc invincible de leurs suldats. 

« La prolongation de la guerre n'est plus, depuis long- 
temps deja, qu'une barbaric militairement inutile. 

« II faut arreter la guerre. Asscz de morts! Assez de rui- 
nes ! Assez de souffrances ! , 

« II faut obligor notre gouvernement a declarer ses con- 
ditions precises de paix. II faut lui imposer To j)aix imme- 
diate sans annexion. Si nous faisous cela, nous savons 
qu'il y aura dans les autres pays des socialistes, ct des 
hommes de bonne vo'lonte pour cxercer la memo pression 
contre la guerre, pour la paix, pour la liberie des peuples. 

« Pleurons les morts, crient-ils, ct sauvons les vipants! 



faire des reXormes locdus Z^JTZ" ^"^ * 

core etre saiwe: le monde on n I ■ ° qiU pmt en ~ 
Pesperance. » ° en a hc ^m pour renaltre a 

RaMn!Du^ s m :r^r C 4t U r' ^T" AleXandre Blanc , 
tombera pas dzLleXiZ eertitnde que notre geste „ e 

fraternelles du baut d? iS^SSfiT 1 ^ m *^ 

m^— r:r et raf ™-— • - **. ^ 

ques decisis £ ^S™^ ^v^T M61eS aux a ^l- 
d'apres lesquels, 2 I a gue -r £?? ^terriatio.nau^ 
devoir des classes ouvrier^X ^ m algre tout, c'est le 
cesser prompWnt/ entremettre pour la fair, 

aussi les notres n„„« v,,. \ * paroles citees sont 

Nancy, (/„^^ {£*#<> « «*t* le discours de 

Pordre^ct^e^oT^-nTitf. T S ^'^ fo ™eIIemcnt a 
(7Ws &*n/ i^L™ a ne pas continuer sur,ce ton. 

M. LE MlNISTUE DES FlNANr.« 17 

droit... iNANCES. — Vous n'en avez pas $ 

tionnen^Wkr ^ <U " C0,,r8 d ° Nancy est a "ti C onstitu- 

(^ ,«r les ^^"KSi^SfT PM * dr0lt - 

■M. LE PRESIDENT Tb, ,-,„ T • . 

cause, la personne de M. l e PresWeTde S^^ffi? ici en 

J'ai peut-etre ma] PnwT,, la Re PUJblique. 

parlait has! ° nl0ndu UnC autre P^ase, car M; Brizon 

M. RaFFIN-DugENS. -- Personnc J st „ 



— 45 



M. le President. — Laissez-moi faire mon devoir. (Tres 
bien! tres bien!) 

Voulez-vous, monsieur Brizon, relire votre derniere 
phrase ? 

M. Victor Dalbiez. — Ne parlez pas de Nancy, parlez de 
Facte inconstitutionnel de Nancy. {Bruit.) 

M. le President. — Je ne pcux pas vous permettre de 
parler ainsi. 

M. Raffin-Dugens. — Personne n'est nomine. 

M. Mayeras. — Mais tout le ihonde a compris qu'ii s'agis- 
sait <Iu mauvais president. 

M. le President. — Si vous avez parle, je crois, d'armis- 
tice immediat, c'est Popinion des socialistcs allcmands, je 
ne dis rien; si c'est la votre, je ne puis laisser passer cette 
parole sans protester. 

M. Brizon. — C'est la notre aussi. (Exclamations et bruit.) 

M. le President.- — Alors je proteste energiquement. 
(Tres bien! tres bien!) Aucun Franeais ne pourrait accepter 
ni un armistice immediat, ni une paix qui seraient, devant 
les violations repctees du droit, une detestable abdication. 
(Vifs applaudissements.) 

M. Alexandre Blanc. — Nous reconnaissons que notre 
declaration aura plus de succes dans les trarichees qu'ici. 
(Bruit.) 

M. Brizon. — « Nous refusons de voir tomber nos soldats 
pour donner Constantinople a la Russie... » (Vives protes- 
tations et bruit.) 

M. le President. — Ce langage est intolerable, il blessera 
tous les coeurs franeais. (Vifs applaudissements.) Vous ne 
devriez pas parler ainsi pendant que le sang coule la-bas. 
(Vifs applaudissements.) 

M. Brizon. — « Nous regrettons le mauvais emploi des 
milliards perdus pour le peuple et nous votons contre les 
credits de guerre, pour la paix, pour la France, pour le 
socialisme. » (Exclamations prolbngees. — Bruit.) 

MM. Alexandre Blanc et Raffin-Ditgens. — Tres bien! 
tres bien! 



— 46 — 

*rff^ L Z*TT^~ J t t CraState r ^ i-* la Cham- 

M. Alexandre Blanc c_"n' '■•,.■.:„ '«•' 
pensent comme nous* %,„ £> y a beauc ™P <** soldats qui 







Au retour de Kienthal, Raffin-Dugens a 
terroge par un redacteur du Bonnet Rouge, qui 
lui a demande ses impressions, de la Conference. 
De Particle paru dans le numero du 17 mai 1916, 
nous extrayons ces passages : 

UNE INTERVIEW DE RAFFIN-DUGENS 
— - Et maintenant, demandai-je a M. Rafftn-Dugens, quelle 
importance accordez-vous a la Conference de Kienthal ? 

— Une importance politique capitale. En ce sens qu'elle 
montre aux sections de 1'Internationale ouvriere le chemin , 
a suivre. Oh ! jc ne me suis pas fait d'illusion. Ni quand 
noiis avons franchi la frontiere a l'aller, ni quand nous 
avons franchi la frontiere au retour, nous n'avons pas, un. 
•seul instant, cru faire cesser immediatement la guerre. Mais 
nous avions conscience d'accomplir tout notre devoir de 
sodialistes. Je suis prSt, quant a tnoi, a recommencer. Je me 
serais nxeme rendu a Zimmerwald, si j'avais ete prevenu. 

— La Commission administrative permanente vous a-t- 
elle avise qu'elle vous en demanderait compte V 

— Oui. Elle m'a meme convoque a eomparaitre devant 
elle. Je verrai si je dois m'y rendre. Mais vous pouvez etre 
persuade que si je m'y rends, ce ne sera pas pour y faire 
figure d'accuse. Apres tout, nous sommes alles faire a Kien- 
thal ce que notre Hat-major socialiste aurait du, depute 
longtemps, dller faire a. La Haye, au Bureau socialiste in- 
ternational. 

— Et vos electeurs ? 

— Mes electeurs ? Mais tous ceux que j'ai rencontres 
m'ont dit : vous avez bien fait. Et puis les preoccupations 



48 — 

Pute ; une miff un«? Se^Oui^ $ ^ de S ° U d *- 
courageant.' epouse... Oui, c'est emouvant et en- 

* 
ParS S^Ik S | Si ° n . administra ^e permanente du 

conterenoe. EHe 1 avait fait pour Zimmerwald 
iiliie a recommence pour Kienthal n„ ™ * 

cru'il d'noit ^nn'i ■* , ^ ientnal " i>u moment 

nat onalf l P manifestation socialiste et inter- 

le s™e Sit "f n ,T eSt P ° int et 6lIe veut ^on 
JipS^aiSi- " ^^ <(D6clarati - superflue,,' 

pulill l & nUm ' r ° dG mercredi de " !ier ^ P//™^, on a 
COMMISSION ADMINISTRATIVE PERMANENTE 

conference internatinn.ir P , le "Presenter a mie 

Kienthal Iu£ e f S '^ ? "* t6nUe ^nierement a 

&e Secretaire, Louis Dubhbuilh. 




— 49 — 

Tout en remerciant les camarades au nom desquels le 
citoyen Dubreuilh a signe cette declaration, d'avoir annouee 
qu'une conference a ete tenue dernierement ,a Kienthal, je 
dois leur dire que leur declaration est superflue. 

Trois socialistes francais seulement ont assiste a cette 
conference. C'etaient les deputes Brizon, Alexandre Blanc 
ct Raffln-Dugens. Or, avant toute chose, ils ont afflrme 
qu'ils etaient la a titre individucl, qu'ils etaient venus 
croyant accomplir un devoir socialiste et personnel, qu'en 
consequence ils n'etaient mandates par personne, pas memc 
par la minorite afflrmee au Conseil national du 9 avr.il. 

La Commission administrative permanente a done fait 
une besogne parfaitement inutile. M'est avis qu'elle aurait 
mieux fait d'employer le temps qu'elle a consacre a exami- 
ner los voies et moyens de desolidariser le Parti d'avec 
« les kienthaliens », d'etudier Paction que nous avons *me- 
nee dans le passe et de preparer nos moyens de defense 
pour 1'avenir. Ce travail demande du temps et du vouloir 
socialiste. On pref&re enfoncer les portes ouvertes. Cela de- 
mande moins d'efforts. 

* 
* * 

Sur le irieme sujet, Raoul Verfeuil presente, 

dans le Populaire du Centre du 22 mai 1916, les 

observations suivantes : 

Qa recommence. Ou, plutot, ca continue. Voila la Com- 
mission administrative permanente qui cite devant elle, 
Blanc, Brizon et Raffln-Dugens, coupables du crime abomi- 
nable que vous savez. Quand on s'est engage dans la voie de 
l'arbitraire et des abus dc pouvoir on n'y renonce pas faci- 
lement. Ce doit etre 'bien doux de jouer aux « directeurs », 
pour ne pas dire aux potentats. Je ne dis pas cela, bien en- 
tendu, pour nos amis de la minorite de la Commission 
administrative permanente. Je sais dans quel esprit ils ont 
accepte que soient convoques rue de la Bretonnerie les trois 
elus qui ont commis Pimpardonnable faute de se rendre a 



— : 50 — 

Kienthal Je dis cela pour les camarades de la majorite qui 
out eu 1 intention, >en appelant Blane, Brizou ct Raffin-Du- 
gens deyant eux, de les juger et, si possible, de les condam- 
ner. Et c est cela qui est inadmissible. 

La Commission administrative pormanente, cour de tus- 
tioe Brazen a clit : tribunal revolutionnaire. Un tribunal 
revolutionnaire comporte des rcvolutionnaires. Et vous sa- 

Tl^c,^ S,il , Cn rests enc01 ' e ^elquesiuns, depuis le 
4 aout 1914, ce n'est pas au siege du Parti que vous les 
trouyerez -Revolutionnaire ou non, depuis quand la Com- 
mission administrative permaneute a-t-clle le droit de s'eri- 
ger en tribunal ? Quels sont les articles des statuts qui lui 
conferent ce droit ? II n'y en a pas un soul 



Emprutons encore au Populaire du Centre des 
passages d'un< article public le 21 mai 1916. 

... Mais au fond d'eux-memes ils ne s'en indignent ni ne 
s en etonnent. S'ils s'etonnent, c'est non de voir quelques- 
uns dentre nous.aller a Zimmcrwald ou a Kienthal, mais 
que tous , nous n'allions. pas offlciellement a La Have ou 
vrSre^ 11 ^^ ^ S0Ctiom de ^^nationale ou- 

La preuve, c'est que Brizom Blanc et Raffm-Dugcns 
etaicnt, dans les couloirs de la Chambre, entoures comme 
ties mimstrcs aux jours de grandes crises 

- Vous ayez vu des AHerannds ? Que vous ont-ils dit ? 
Que pensent-ils de la situation ? Qu'espercnt-ils faire •> 

Par lapicnsee, ils etaient tous a Kienthal et attachment !<■ 
plus haut interet a ce qu'on y avait fait et causaient le plus 
gcntmumt du monde avec les trois voyageurs 

Que nos camarades reflechissent et meditent'sur Pindi^na- 
h<m simiilee et la curiosity sincere des hommes des autres 
jjartis, Nous nous adressons plus particuliercment a ceux 
de^notres qui blament le plus Facte de leurs trois cS- 







— 51 — 



S'ii y a eu Zimmcrwald, s'il y a eu Kienthal, c'est que la 
niajorite francaise a refuse d'aller en bloc, avec nous tous, 
avec toutes les organisations ouvrieres moiidiales a La 
Haye d'ou doit vciiir le wvlut, d'ou doit s'elever la parole 
de paix. 

De cette majorite seulft peuvent dependre mainteiiant ' 
peut-etre./la paix du monde, sfifcment l'avenir du socialisms 

Car 11 ne faut pas, jamais les peuples ne nous le pardon- 
neraient, que la paix soft retab/ie sans que Ic proletariat 
soeialiste ait rien fait pour rappi'ocher l'heure de la si- 
griatute des traites et dire ses conditions, ses volontds. 

Zimmcrwald, Kienthal ? Des incidents, des perils, des 
f antes, nous ne savons pas trop. Ce qu'il y a de sur, c'est 
que ces incidents se niultiplieront et que s'ils mettent un 
jour en peril l'unite ouvriere interiiatioiiale en tons pays, 
s'ils brisent cette unite au. moment supreme ou elle aurail 
chance d'etre appelee a transformer le monde, les princi- 
paux fcotlpableSj ley seuls coupable's, pourrait~on dire, ne 
seront p'as pal-mi ceux qui seront all'es dans d'autres Zim- 
rh-erWald ou d'autres Kienthal, mais parmi ceux qui auront 
emp&che follement, criminellement Facte immense de La 
Haye. 

11 n'est pas exagere d'ajouter qu'il y aurait des lors de 
terribles responsabilites encourues et des comptcs a regler 
en consequence. 

■* 
* ■* 

Passons anaintenant a la presse nationaliste, 
e'est-a-dire, actuellement* la presque totalite de la 
presse francaise. Les rMacteUrs de ces journaux 
out ecri't leurs articles, simulant i'lndignation, sails 
rien connaitre des travaux de la Conference. La 
breve information d'agence annoncant la presence 
de trois deputes francais leur a sufft. Peut-etre 
ont-ils lu la correspondance que Homo-Grumbacli 

UNIVERSITY OF 
ILLINOIS LIBRARY 



" — 0^5 — - 



53 — 



a cnvoye a VHumaiiite. (Nous ne la reproduisons 
pas cette correspondance, paree qu'on est sature 
de la prose perfide de ©et individu qui fait, a 
Berne, la plus louche des besognes.) 

Le.plus bel echantillon du genre a paru dans la 
Liberie. Ce journal, qui a toujours ete violemment 
et bassement antisocialiste, ne cesse de demander 
des poursuites contre les zimmerwaldiens, en 
meme temps qu'il felicite les socialistes majori- 
taires de leurs reniements et leur decerne un 
brevet de bons patriotes. Voici ce qu'ecrit Ber- 
thoulat, le 11 .iiiai 1916 : 

Point de concentration d'uction boche provoquee et orga- 
nised par les Bodies avee le concours des groupemeuts in- 
ternationalistes qui, dans ehaque pays d'Europe, ont joue 
le jeu boche des socialistes du kaiser, la Conference de 
Zimra.crwald vient d'avoii' son pendant a Kienthal 6n Suisse. 
MM. Raffin-Dugens, Brizon (ne en 1878), A. Blanc (he en 
1874), deputes francaiS; ont assiste a cette purlote boche, 
sans aucune delegation que celle qu'ils se sont confine a eux- 
menies, attendu que la Commission permanente du Parti 
unifld, parti auquel ils appartienhent, dans une note pu- 
bliee ce matin, declare a l'unanimite ne leur avoir donne 
aucuu mandat. Eelicitons-la de ce desaveu. Mais que dire 
des trois anabaptistes qui se sont rendus a cette reunion, 
evidemment chere a la Wilhelmstrasse ? Au temps de la 
premiere Republique, sous cette ' Convention dont ils ont 
l'inconscience de se reclamer, ces gaillards eussent subi le 
traitement radical inflige « aux s'uppots de Pitt et Cobourg », 
par quo! 'lour serait etalevS le gout de toute espece de pain', 
fut-ce le K..K. Je 11'hesite pas a dire qu'il est deplorable' 
d'avoir renonee a cette tradition de salut public. Mais, 
quand MM. Raffin-Dugens, Brizon et Blanc s'arracheront 
aux etrcintes du depute Hoffmann, de la Diete de Prusse, 






et du cher collegue Fleissner, de la Chambre saxonne, ne 
serait-il pas possible et juste que le gouvernement les priat 
de retourner d'ou ils viennent ? Leur place est evidemment 
hors des frontieres francaises. 



* 
* * 



La Libre Parole (13 mai 1916) s'apitoie hypo- 
critement sur l'ecole la'ique et les instituteurs ; 

C'est-cn effet un tres grand malheur pour ces braves, que 
les deputes -Brizon, Raffin-Dugens et Blanc, qui sont alles 
en Suisse pour y causer amicalement avec des Boches, 
soient justement trois anciens instituteurs. Evidemment ces 
trois imprudents, qui ne s'etaient deja pas rendu compte 
du tort que leur demarche intempestive pouvait causer a 
l'ensemble du parti socialiste, n'avaient pas non plus re- 
flechi que leur ancienne fonction commune attirerait notre 
attention et que la « reaction » et le « clericalisme » ne 
manqueraient pas d'exploiter contre l'ecole la'ique leur in- 
qualihable equipee, en rapprochaut Chambdry de Kienthal. 

... Nous ne ferons pas retomber sur l'ecole laique la res- 
ponsabilite des malheurs que la folic des Brizon et consorts 
pourrait provoquer. Mais nous demandons que ces malfai- 
teurs soient mis dans l'impossibilite de compromettre plus 
longtemps le salut du pays et la victoire de nos soldats. 



Une nouvelle recrue de. YEcho de Paris, M. 
Beaunier, que son ignorance et le desir d'endosser 
la tenue martiale des aoademiciens indiquaient 
egalement pour ecrire sur le soeialisme interna- 
tional, exprime sa satisfaction de la decision de 
la Commission administrative permanente (12 mai 
1916) : 



Done, les trois socialistes unifies, Raffin-Dugens, Alexan- 
dre Blanc, Brizon, qui sont alles causer en Suisse avec ties 
Bodies, n'engageaient pas du tout Ie Barti soeialis-te unifie. 
Le Parti les a desavoues ; du raoins, il a declare que ccs 
trois memlires du Parti n'avaicnt ancmiement recu niandat 
de le repres enter a Kieutlial. Et la censure exige que MM. 
Raffin-Dugens, Alexandre Blanc, Brizon soient consideres 
eomme des touristes. Bien !.., 



M. Paul Pugliesi-Gonti, patriote professionnel, 
reforme sans avoir combattu, trouve que les pas- 
seports pour la Suisse sont d61ivres trop liberale- 
meni II en appelk' a la vigilance patriotique du 
president du Conseil par une lettre qui merite 
d'etre reproduite : 

J'ai I'honneur d'appeler votre vigilance patriotique sur 
les conditions dans lesquelles sont delivres par votre d<§- 
partement certains passeports pour l'etranger et notarament 
pour la Suisse. 
, Si de simples citoyens ne sont autorises a quitter la 
France que pour un but determine etabll par une euqucte 
minutieuse, diverses personnalit^s continuent a pouvoir, 
sans au-cun controle, se rendre a l'etranger, bien que pour 
y aller jouer au point de vue national un role singuliere- 
ment inquietant. 

En novembre 1915, deux militants syndieaiistes, inter- 
na tionalistes notoires, MM. Bourderon, de la Federation so- 
cialiste unifiee de la Seine, et Merrheim, de la C. G. T., out 
ainsi pris part a la Conference de Zimmerwald, nianifeste- 
ment organisee par 1'Alleniagiae. 

En septembre, deux deputes franeais, MM. Renaudel et 
Ldnguet, out pu se rendre a Berne et s'y livrer a de myste- 
vieux pourparlers avec deux membres du Reichstag, MM. 
Bernstein et Kautsliy. 



55 



Et e'est dans les memes conditions que, la semaine der- 
niere, en pleine bataillle de Verdun — veritable defi a tous 
les bons citoyens — MM. Brizon, Blanc et Raffin-Dugens, 
deputes socialistes unifies, se sont rendus a Kienthal (Suisse) 
pour assister, en compagnie de sujets allemands, a une 
reunion du meme caractere que celle de Zimmerwald. 

Vous voudrez bien reconnaitre qu'il n'est pas tolerable 
que des Franeais — fussent-ils membres du Parlement — 
puissent obtenir des passeports leur . permettant d'aller 
librement conferer a l'etranger avec des sujets ennemis. La 
moralile publique, la securitc nationate, l'egalite devant la 
loi exigent que prennent fin d'aussi scandaleuses complai- 
sances certainemont consenties a votre insu dont, j'eu suis 
persuade, vous voudrez bien interdire le renouvellement. 

M. Pugliesi-Conti a obtenu partiellement satis- 
faction. Naturellement on ne pent songer a gener 
dans ses deplacements un personnage aussi im- 
portant que le citoyen Renaudel, mais les passe- 
ports pour l'etranger sont desormais refuses aux 
participants de la Conference de Kienthal commie 
a ceux de la Conference de Zimmerwald et, en 
general, a toute personne suspecte de pacifisme. 
C'est la, a n'en pas douter, un nouvel hommage a 
la Piussie, alli6e fidele qui combat pour le droit et 
la liberte des peuples. 

Dans le concert nationaliste, les renegats me- 
ritent une place particuliere, et, parmi les rene- 
gats, Herve. Quand le goiivernemenf lc lui de- 
mande, il denonce le peril zimmerwaldien. II le 
fait, tantot dottcereusement, de son air de bon 
apotre, tantot brutalemeni, comme un justicier. 
Doucereux ou brutal, c'est toujours repugnant. Des 



— 56 — 



57 — 



larbins illustrent par Fimage Ies ecrits de Ieur 
maitre. lis poussent le zele un peu loin, et il y a 
dies dessins et <des legendes qui meritent de n'eire 
pas oublies. 



* 
* * 



Dans VEvenement du 10 mai 1916, Alexandre 
Yarenne rassure le public francais : 

Trois deputes socialistes, citoyens francais, mes collegues 
Brizon, Raffin-Dugens et Alexandre Blanc, se sont rencon- 
tres ces ,jours-ci en Suisse avec quatre snjets allemarids, 
dont un depute au Reichstag, qui est, si je ne me troinpe, 
un dissident du groupe Haase. 

Je prie le public francais de ne pas s'emouvoir outre 
mesure de cette nouvelle. Nos ambassadeurs etaient par- 
tis sans mandat, et ils ne representalent qu'eux-memes, per- 
sonne, pas meme leurs electeurs, ne des ayant charges d'ou- 
vrir des negociations. 

On a parait-il, proc<5de a un echange de vues. Point de 
decision, dit Finformation que j'ai sous Ies yeux. Mes ren- 
seignements particuliers me permettent d'afflrmer au con- 
traire qu'une decision et des plus graves, aurait ete prise. 
Le camarade depute au Reichstag aurait annonce que ses 
amis et lui ont l'intention de publier une brochure. Ni plus 
m moins. 

UEvenement, qui avait c.esse de paraitre depuis 
la guerre, a ressuscite il y a quelques mois, grace 
au concours de financiers anglais, a la tete des- 
quels se trouve M. Horatio Bottomley, financier 
vereux, condamne de droit commun, detrousseur 
de la petite epargne, que le parti liberal se vit con- 
tract d'expulser, il y a quelques annees, pour 
indignity morale. Alexandre Varenne, qui fut cen- 



seur et candidal a la direction de la censure, avait 
sa place marquee dans cet honnete journal, II en 
est co-directeur. Le dernier Conseil national du 
Parti socialiste delibera durant toute une seance 
sous sa presidenoe, en quoi il montra qu'il n'est 
pas degoute, 

Le Rappel, organe radical, a presque autant de 
lecteurs que de redacteurs. II est tout de mesne 
interessant a citer parce qu'il exprime l'opinion 
des democrates annexionnistes. De plus, oomme 
il juge de Fexterieur, il formule souvent des ap- 
preciations tres justes sur Ies divers es tendances 
du Parti socialiste. Sous le titre « Strategies, il 
ecrivait le 10 mai 1916 : 

M. Pierre Renaudel, directeur de Vllumanite, fait a M. Jo- 
seph Denais une nouvelle reponse. Mais cette fois-ci, e'est 
une reponse qui ne s'adressc pas a lui. 

Jj'IIumcuiite, suivant une evolution digne d'etre retenue, a 
depuis plusieurs mois pris une attitude contre le elerica- 
lisme. Elle refait une politique tres laique, oubliant de 
nombreuses coalitions electorales d'un recent passe, parce 
que desormais e'est sur Ies elements laiques du pays que 
Ies socialistes non zimmerwaldiens vont chercher un' point 
d'appui politique et electoral. 

Sentant tres Men que la lutte de classe est aussi usee 
que 1'internationalisme, comprenant que Ies zimmerwal- 
diens sont desormais inassimilables au parti socialiste 
gouvernemental, Ies chefs du parti qui suivent Sembat, 
Thomas -et Guesdc manoeuvrent pour gagner des forces de 
compensation. Zimmerwald s'en va, il faut bien que Com- 
bes revienne. 



58 — 



59 — 



Telle es t Foperation. Elle ne nous deplait pas. Celle 
d Herve Be nous deplaisait pas non plus. Le parti socialists 
qui a toujours une gauche, a desormais deux droites, et ce 
n'est pas maladroit. 

Apres i. avoir renonce a une longue et souvent injurieuse 

oPPOMtion au radicalisme d'antan, le S socialistes gouver- 

ET^ amende honorable. lis out trouve leur 
cnemm de Damas. 

veS* l^lS** *f S ^ CC6S de n ° S amleS aidant iIs tron- 
SubLS d T M ^ ence - Et hie * des debats seront 

rendus inutilea par le choc victorieux de nos armees. 



Le Controle, organe du Syndloat des Contro- 
leurs de la C. G. O., montre a quel point ceux 
qui veulent detruire le militarisme allemand par 
1 empoisonnement militariste de toute 1'Europe 
out perdu la tete. Ik en arrivent tout naturelle' 
ment aux plus m-iserables elucubrations de la 
presse nationaliste. Exemple cet article du nume- 
ro de fevrier-avril .1916 : 

tit?°nanl V r?^ re?U ' G ° mme t0Ut6S leS organisations, les pe- 
tits papiers des . zimmerwaldiens >» c'est-a-dire des mili- 
tants qui, sous pretexte de paciflsme, dont le desiS^se 
ment apparait tres douteux, sont alles en Suisse sTrm I 
mam. des... kamarades bodies. Ces homines qui ont tou- 
jours ete cotes comme antimilitaristes et qui se sont mon 

aumbrfe et de^r "T^* P <* ^ tra ^r) que des test 
quiunies et des fumistes dangereux 

Oui, appoints par l'etranger ou desequilibres oarce 

qu on n'a pas le droit de se dire antimilitaViste et d e Sa- 

mes , celm qui, avec d'autres elements aussi odieux a d<§- 






clanche la tuerie actuelle. C'est pourtant ce que font Mer- 
rheim, Bourderon et quelques oiseaux de moindre enver- 
gure. 

C'est faeheux pour Merrheim, qui a rendu de si grands 
services a la classe ouvriere, qui a lutte si longtemps et si 
souvent avec succes contre les capitalistes de la metallur- 
gte, d'etre devenu, apres les avoir combattu toute sa vie, le 
meilleur defenseur des capitalistes et des militaristes, non 
pas francais ou anglais, mais allemands et autrichiens, 
ce qui est le comble de l'aberration ; Je pourrais dire de la 
trahison envers les militants qui, sur le front, font notre 
revolution a nous pour arriver a tuer en la personne du 
militarisme prussien tous les militarismes. C'est la concep- 
tion saine de tous les vpais revolutionnaires, de tous les 
militants de qui Merrheim avait le droit de se reclainer... 
autrefois, mais plus aujourd'huL 



La phobie de 1'AlIemag.ne et des socialistes al- 
lemands aboutit a peu pres au raeme resultat. Jean 
Wintsch, est un ancien collaborateur du Reveil, de 
Geneve, qui a fonde un journal, La Libre Federa- 
tion, pour pouvoir faire du nationalisme tout a 
son aise. II ecrit dans le numero du 19 mai 1916 : 

Haase et Ledebour, et tous les autres deputes, savaieut 
fort bien que la formidable preparation raiiitaire allemande 
etait precisement le seandale de I'epoque moderne, et qu'en 
face de I'Alleniagne, ni la France, ni PAngleterre, ni la 
Russie n'etaient pretes et ne commenceraient une guerre. 
Admettons que ces homines se soient ressaisis. Quelle ga- 
rantie offrent-ils, eux et leurs compagnons zimmerwaldiens? 
En fai^, ils ne comptent pour rien dans la direction du 
pays, et ce qui fait la loi en Allemagne c'est la puissance 
militaire. Or celle-ci tient la Belgique et le nord de la 
France. On voit done des gens qui ont aeclame cette occu- 



— 60 



nation demander aux occupes de faire la W**%?gg£ 
Scepter la loi de 1'occupant ! C'est un p^fpg *>*£* 
On nous dit bien « sans annexion*, ct on ?^j»jgW 
« sans indemnitee Alors, tout ce qu'on a piUt, sa* ag6, 
-x^nssine en Belgique, c'est pour nen. On rentre chez soi 
uarce auc le coup a en partie rate, et sans garantir 1'aven.r 
L^ ATs zimme'rwaldiens ne parlent pas des me^re^ » na- 
tionals antiguerrieres pour demain - on pourra se prepa 
rer a de nouvelles invasions 1 

Mnis il v a plus, et c'est la qu'on voit percer le bout de 
roSe'dl no! po'Litieiens social-democra^. Les dclegues 
allemands out demand* a Kienthal aux debJuS francs 
de nrovoquer un mouvement revolutionnaire en France, 
danf?e cTvil, ce qui a fait ^ft»^ 
meme les Allemands etant mcapables d un effort queicon 
le dans ce sens en Allemagne, de sorte que ce serait toul 
£5uf pour les armees du kaiser. On nieja ce que nous 
disons-la. C'est vrai quand meme, et il faut que les inter 
nationalistes le sachent. 

Ce Ae sont pas les emeutes de la faim ^llemajne^qu 
Wllt une carantie de socialisme ; ce sont la des actes de 
dSSd malheureux, comme on en voit dans toutes 
?es g?ande S calamity publiques ; mais c'est sans Icndc- 

""ouc les Allemands, apres avoir contribue cliez eux a 
nrovoquer le pire desordre par leur approbation de a 
gnerrc Par leur nationalismc, ne viennent pas donner aux 
autres deT lecons d'internationalismc. Qu'ils restent plus 
cue iamS chez eux, s'ils sont sinccres, pour reformer leur 
mvs et meme pour le revolutionner, car leur pays est ce- 
luTqui eha le ?lus besoin. Quand lis auront fait cette be- 
sogne d urant des ann&es, alors nous croirons a leur desir 
de paciflsme definitif. Pas avant. 



De cette divagation stupide il convient de re- 



61 



tenir le deuxieme paragraphe. II est faux, absolu- 
ment faux que les delegues allemands aient de- 
mande, a Kienthal, aux delegues francais de pro- 
voquer un mouvement revolutionnaire en France. 
Nous le nions, ct ce n'est pas vrai. C'est le plus 
grand mensonge qu'on ait imprime a propos de 
la Conference. C'est une veritable ignominie. Ni a 
Zimmerwald, ni a Kienthal, les delegues alle- 
mands n'ont rien dit de semblable. II faut ne rien 
savoir de ces Confer ences, n'y rien comprendre, 
pour colporter un ragot de ce genre. Ni les dele- 
gues allemands, ni d'autres, n'ont demande que 
Paction revolutionnaire s'engage d'abord dans un 
autre pays. A Kienthal, comme a Zimmerwald, les 
delegues presents se sont mis d'accord s.iir des 
t'extcs de resolutions et de manif estes ; il n'est 
vena a l'idee d'aucun de subordonner son action 
a cclle de son voisin ; tous considerent comme 
leur devoir de regler leur conduite ulterieure et 
leur action s.ur les decisions prises. A Zimmer- 
wald, pour des raisons qu'il n'lest pas necessaire 
de rappeler ici, Ledebour n'avait pas vovdu pren- 
dre l'engagexnent formel de voter a 1'avenir contre 
les credits militaires. Rentre en. Allemagne, il vota 
contre les premiers credits demandes par le gou- 
vernenuent, faisant ainsi plus qu'il n'avait promis. 
A Kienthal, loin de demander aux Francais de 
commencer d'abord une action revolutionnaire, 
dont ils etaient eux incapables, ce sont les dele- 



gues allemanids qui ont affirme leur confiance et 
to espoir dans un inouvement revolutionnaire 
en AUemagne pour un temps tres proehain. 

Ce qu'a ecrit Wintsch est done exactement le 
contraire de la yMte. Si .son journal n'etait pas 
sans influence, son affirmation, dans la forme ou 
elie est faite, pourrait avoir les plus funestes con- 
sequences, Les haines nationals n,e sont-elles pas 
assez exasperees, le proletariat n'est-il pas su ff^ 
samment egare par les professionnels du menson- 
ge,pour qu'il y ajoute encore, avec une criminelle 
tegerete. Et il pretend toujours etre anarehiste. 

Cette revue -de presse ae peut mieux etre close 
que par une coupure * VAvmiti 1 qui n'a pas trait 
directement a la Conference de Kienthal, mais 
montre, par un example precis, la repercussion 
dans le monde ouvrier de tons les pays, de ces 
Conferences mternationalistes que les pontifes 
majoritaires affectent de dedaigner. 

Le vaillant quotidien socialiste italien puhliait 
le 23 aout 1916 Information suiVante, envoyee 
par son correspondant de Zurich : 

INCIDENT DE VOYAGE 

Par la voie indirecte de Stockholm, le Vorwacrts recoil 
d in compagnon de Moscou , le rdcit d'un tpisode vient 

t J uti: u r lques semaincs ' mais ** est $&*$&wm 

mn$, Albert Ihomas, alia a Moscou, une adresse lui f u t 
presence par un groupe d'onvriers du Comite ppm- rfndl"- 



— 63 — 



■ 



trie de guerre de Moscou. Ce groupe est un de ceux qui se 
sonf declares prels a donner leur collaboration auxComites 
pour I'mdustrie de guerre en pcurtie pour des « raisons 
dopportunite organisatrice », en partie pour f aire une con- 
cession a Videologie de la defense nationale. 

Ces ouvriers presentment au ministre Thomas une adresse 
dans laquelle Us le priaient de Men vouloir mander aux 
juvriers frangais : 
<H Que les ouvriers de Moscou voient avec la plus qrande 

peine la resistance du Parti socialiste francais d la reconsti- 

tution immediate de V Internationale ; 

2" Que les ouvriers de Moscou prient instamment le Parti 

Socialiste francais de s'engager dans la vote de Zimmer- 

pald et de s'unir publiquement a faction des zimmerwal- 
nens. 

Cette adresse du Groupe ouvrier eut ce premier effet que 
jf pour ne pas provoquer un scandale public » les membres 
bourgeois du Comite pour I'industrie de guerre decomman- 

Uerent aussitot le banquet, qu' Us avaient decide de donner 

en Vhonneur de Thomas. 



u 



IMPRIMERIE SPIJCIAUE 

du tmnite pour la Reprise des Relations Internationales 
•is, rue de la Grange-aux-Belles. — Paris